Les fleurs du bien (Yano Las)

 

La couverture se pare de couleurs chaudes du haut vers le milieu (mauve, bleu tendre, vert). Un doux visage perdu dans les nuages blancs, marqué par un sourire intérieur, cette femme médite. Une montagne coiffée d’une neige éternelle, que veut-elle dire cette montagne presque effacée par une branche d’ADN ? Et vient le bas du livre. De hautes lignes noires se dressant, menaçantes, vers la tendresse. J’y vois l’impitoyable ville, la broyeuse d’âme. Mais ceci n’est que ma vision de l’image. Là-haut, dans le ciel, passe une mouette. La liberté ?

 

Mon sentiment à la lecture :

 

Petites touches de quotidien, arrêt sur des instants que le commun des mortels qualifierait de banal, mais c’est ça la vie.

Dans les poèmes de Yano Las, je sens l’amour, la sagesse, l’empathie et des tonnes d’autres émotions plus belles les unes que les autres, de celles qui me font aimer mon prochain malgré une enfance difficile. Pourtant, sous ces rimes sublimes, se glisse une douleur dans le bonheur, la nostalgie d’une autre vie perdue.

 

Comme ce poème intitulé « au pays des rêves » :

[Ne pas rêver sa vie mais plutôt vivre ses rêves

Voilà ce qui est permis quand on survit humilié

Penser à chaque conflit à préserver une trêve

Il vaut mieux vivre digne que mourir oublié]

 

Rien que dans cette strophe, je ressens le vécu de l’artiste et les armes qu’il se construit pour survivre, pour vivre debout, rester humain à tout prix dans un monde en décadence :

[Au-delà des difficultés d’une vie sans espérance

Au-delà des défis d’un monde en décadence

Des combats, des insultes et du « tout insolence »

Rêver d’une oasis, paisible arborescence.]

 

C’est comme si je voyais le poète regarder mourir ce monde. Je passe une strophe et en termine avec ce combat :

[Rêver sans se lasser, vivre chaque instant

Projeter sans répit, se battre constamment

Rire de chaque soupir, bien profiter du temps

Aimer et s’entraider, vivre intensément.]

Une belle leçon de vie.

 

Je vous invite aussi à lire et relire « la foi est une larme » poème dans lequel le silence revient comme une litanie :

[Le silence est une foi que n’entend que le Roi…

Le silence est une force qui ne combat que la loi…

Le silence est une peur qui terrasse l’horreur…

Le silence est hymnode, parfois macropode…

Le silence est une rime qui invoque le sublime.]

 

Pour conclure : une sincérité sans détour, sans ambages dans ces rimes subtiles. J’y ressens tour à tour une bataille intérieure, le découragement, l’amertume, la colère… un panel de sensations dans lesquelles je me retrouve. Un œil critique sur notre société, sur les sentiments qui animent le commun des mortels. Yano Las est une femme clairvoyante, je sors de ce recueil avec un œil plus vif sur mon entourage et je comprends sa mélancolie, je la découvre à travers une pudeur que je ne saurai décrire moi-même.

 

 

 

 

 

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