A l’enfant disparue (d’Edmonde Vergnes-Permingeat).

Recueil de poèmes illustrés, 71 pages, 9 euros.

 

Le thème, vous l’aurez deviné, évoque la douleur d’une maman (de toutes les mamans), endeuillée.

Les deux premiers évoquent la souffrance de l’instant, et puis vient « dégel » et cette opposition entre noir et couleur. Il surprend par ses pétales de rose au milieu des ténèbres. Timide renouveau.

Par la suite, chaque poème marque un contraste. Que ça soit entre le froid de l’hiver et l’arrivée du printemps ou la chaleur écrasante d’un été que remplace la douceur d’une nuit de pleine lune…

 

Mes préférés, ceux qui ont trouvés écho en mon cœur :

« Au-delà », une flamme s’éteint dans notre monde de vivants, elle s’allume de l’autre côté du miroir.

« Promesse de l’aurore » apprécie, aime ces infimes instants de vie malgré la douleur du deuil. Je n’ai pas perdu d’enfant, j’en remercie le ciel chaque jour, juste ma petite sœur et, au-delà de mon chagrin, j’ai perçu celui de ma mère.

« Lettre à Marie », mère d’un fils torturé puis sacrifié. Cette femme mythique symbolise toutes les mères amputées de leur bébé, de leur amour, et, à l’arrivée de la pâque et donc du printemps, le retour de son fils signifie dans ce poème, renaissance, espérance…
Et puis, il y a ces titres qui marquent la souffrance de l’âme et que les mots déroulent en soutien : [Marie, « j’ai peur dans la nuit »,  « j’ai soif dans la nuit », « j’ai faim dans la nuit », « j’ai mal dans la nuit », « j’ai le mal de nuit », « j’ai froid dans la nuit »].

Ces rimes choisies avec soin associent toujours la nature à l’apaisement. Extrait de « Marie, j’ai peur dans la nuit… » :

[Vois ce ver qui luit

Doucement là-bas

Dans la haie du buis

Il guide tes pas]

 

Le deuil, est un long et douloureux chemin dans l’hiver du cœur et puis, peu à peu, le visage de l’être disparu apparait partout, dans les objets, les signes de la nature… jusqu’au moment où on peut en parler sans pleurer. Et encore…

Elisabeth charier

 

 

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