Le mage du Rumorvan(de Jean-François Joubert)

 

Superbe couverture avec son pendule semblant ouvrir un tunnel de flammes. Il en ressort mystère et violence. Tout comme le titre « le mage du Rumorvan ». Un mage, une contrée inconnue pour moi : la Bretagne.

 

L’histoire :

Mafieux ou féru de livres anciens ? Que cherchait-il cet homme en fauteuil roulant détesté et craint de tout un village.

Un livre rare, une serpe en or... une maitresse ? Lavigne, policier déraciné, enquête sur un meurtre étrange. Enfin, la Bretagne, ses ressacs, ses mystères emmènent le lecteur dans une inextricable toile d'araignée.
De belles envolées marines. Citation : [Le vent et la colère des âmes descendaient les ruelles de l'Aber. Les volets claquaient et l'humeur noire s'invitait dans chaque parcelle de champ. Le coq du village étant mort, les oiseaux marins, dignes héritiers, reprenaient son refrain, petit chant de vie, pour des matins de soleil.]
Et des personnages hauts en couleur : [- Alors... qu''est-ce que tu en penses?
- balivernes. Je ne sais pas qui est l'ordure qui a écrit ces calomnies, mais si je le tenais, je lui arracherais les yeux...
-Il est signé AB, c'est le jeune rouquin qui passe sa vie sur son vélo.
Lavigne intervint de la voix sans se lever de sa chaise :
-Bravo pour la délation, patron! Heureusement que nous ne sommes plus en quarante!
-Elle a le droit de savoir qui parle d'elle, non?
-Et aussi de lui arracher les yeux, je suppose? Et tant que vous y êtes, pourquoi pas d'égorger un homme?...]

 

De la fin de cette instruction policière, je ne dirai rien. Au milieu du livre, l’auteur a nommé « épilogue » un récit qui finalement, n’a pas grand-chose à voir avec l’enquête précédente à part la présence de l’inspecteur Lavigne et la Bretagne toujours si tourmentée et si belle. Les protagonistes s’enchevêtrent sur fond de pensées de vie puis se rejoignent au hasard du destin. Curieux et fascinant à la fois.

Cet extrait clôt le débat : [Quatre personnes, quatre générations face à un tas de pierre et de cendre, Clara sans larme, Lavigne sans arme, la vieille dame au chat, sans urne, et Alain Baudier, un stylo plume et du papier qui notait ce qu’il voyait, rien que le mystère du festin quand un sonnerie vous explose à la gueule que vous soyez né sur terre ou martien, ça vous rend comestible pas pour un poète mais pour des vers, à moins que la fumée soigne le reste des corps morts.]

 

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