Les dragons de chaghal

 

Ce récit plonge avec délicatesse dans les méandres d’un mental déchiré par la vie.  

Il nous emmène en exploration dans le Nord/Pas-de-Calais, son héritage architectural, l’historique de noms de villes comme celui de Saint-Omer par exemple… une visite guidée subtile qui m’a enchantée, moi qui pourtant en connais quelques légendes et pierres. La description du cap Gris-Nez a réveillé des souvenirs pour moi qui suis déjà montée au sommet de cette immense et dangereuse falaise.

Il y a aussi la braderie de Lille, ses odeurs, ses couleurs, son bruit. Ce foutoir que j’ai souvent parcouru et qui sonne chaque année le début d’une nouvelle année scolaire, d’un nouvel l’automne laissant un goût de nostalgie au fond de l’âme lorsqu’on traverse ses rues dévastées du lundi matin derrière le ballet des camions poubelles. Ses jets d’eau repoussant la puanteur dans les caniveaux…

Des bribes de Rimbaud, Shakespeare, Rostand… une ouverture sur le monde psychiatrique avec ses modes de thérapies sans pour autant nous enterrer sous les termes techniques. Le style est simple et travaillé avec soin. Tout en finesse.

C’est un polar pas comme les autres. Une visite spatio-temporelle rondement menée, un suspens si fort que je l’ai dévoré pour savoir, enfin, et découvrir un dénouement inattendu, une fin pétrie d’émotion.

J’ajouterai enfin que pour une fois le tueur possède une âme. Je ne lis pas couramment de romans policiers parce que je ne peux m’empêcher de revêtir le costume de la victime et ça me fait souffrir toujours. Seulement dans celui-ci, c’est bien dans la peau de l’assassin que je me suis glissée, et cela, facilement. Malgré le fait que je sache que tuer est mal… j’ai compati, voire adhéré.

 

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