Cœur de pigeon (recueil de nouvelles de Pascale Madeleine)

Paru aux éditions Léda, ISBN : 978-2-36218-021-7, 18 euros

 

Ce recueil comporte trois titres : cœur de pigeon, la wallonne et « Pour ses larmes ».

 

Cœur de pigeon :

 

Extrait :

[… le pigeon biset sauvage ayant un port et un plumage étonnant comparé à celui des villes où il subit la pollution des gaz d’échappements, des usines, des rejets de l’homme de toutes sortes. Ajoutons que le mâle de ces colombidés a une nette tendance à collaborer à l’élevage et au soin des petits, ce qui captiverait l’attention de plus d’une femme.]

Ainsi donc est Louis, croque-mort de son métier, surnommé cœur de pigeon.

 

Le début me fait penser à Jacquou le croquant dans sa vie adulte, la famille en moins.

Louis est un grand solitaire.

Son histoire se mêle à celle de la Lozère et des Causses dans les années 60 à 80. Le lecteur suit l’évolution du pays et des mentalités. L’arrivée fulgurante de la modernité, cette faim de surconsommation qui ruine encore la planète aujourd’hui, est vue d’un œil mi-goguenard, mi-désabusé par l’auteur.

Durant ce récit, Louis se souvient de son enfance. Ce texte est donc écrit à la première personne de l’imparfait mêlé de présent.

Louis est un poète dyslexique.

En l’accompagnant dans sa rétrospective, j’ai replongé dans ma propre enfance. Les années 70-80. Et puis, au fil des pages, vient la description de croque-mort ou plutôt celle de thanatopracteur. Très détaillé, j’ai appris beaucoup. De même, ce passage sur les pratiques égyptiennes de momification a achevé mon instruction (j’ai déjà vu des documents sur le sujet). L’auteur est bien documenté sur l’après vie.

Dur parcours que celui de la dyslexie. Sur ce sujet aussi, j’ai compris beaucoup de choses.

 

Et la chute arrive, imprévisible, emplie de tendresse pour peu qu’on sache lire entre les lignes.

 

La Wallonne :

Histoire d’une enfant mal aimée, d’une femme mal aimée. Récit sur la peur de l’abandon qui pourrit toute une existence… presque.

 

Pour ses larmes :

Comme dans la nouvelle précédente, une mauvaise mère gâche l’enfance de Soledad. Ce récit revisite le thème de cendrillon de l’après-guerre. Pourtant, cette petite fille trouve le bonheur durant quelques années auprès de grands parents aimants. Elle parvient tant bien que mal à l’âge adulte et son prince charmant arrive, doux et attentionné. Mais, comme tous les enfants victimes de mauvais traitements, Soledad reste marquée.

L’auteur connaît les méandres des pensées de ces gamins, j’en ai la certitude.

Elisabeth charier

 

 

 

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Commentaires : 1
  • #1

    monyclaire (mardi, 02 juillet 2013 08:30)

    J'ai lu ce livre dans le cadre des livres voyageurs, groupe Facebook. Notre pigeon est donc vraiment voyageur...

    Pas tout à fait un recueil de nouvelles puisque le premier récit fait tout de même cent quinze pages.

    Trois destins, trois vies qui débutent mal ou, tout au moins pas au mieux.

    Louis est mon préféré, peut être aussi parce que son histoire nous a été plus longuement présentée. Dyslexique ! Quel drôle de mot à lire et à prononcer pour quelqu'un qui, justement, a des difficultés, énormes, avec la lecture.

    Illettré, voilà ce qu'il entendra tout au long de sa vie...Pourtant...S'il ne peut se mesurer aux autres sur le plan strictement scolaire, combien est riche son savoir. Il observe, dissèque son environnement, il connaît les plantes, les champignons, les oiseaux et leur mode de vie...

    Il se choisit un métier, difficile, comme pour se punir et se convaincre qu'il ne peut rien faire d'autre. Il obtient, enfin, un peu de reconnaissance et trouvera aussi réconfort et amitié auprès de son patron et d'un collègue. La roue tourne.

    L'heure de la revanche sonnera et d'une bien belle façon...

    Puis Léa et Soledad. Deux histoires, très courtes. Deux mauvais départ, deux revanches. Chaque histoire se termine en forme d'espoir : pour rappeler que rien n'est jamais écrit d'avance, rien de définitif...

    Une belle écriture fluide, un livre qui se lit avec plaisir, merci Pascale.