Page 157 à peu près.

 

...Soudain, un cri de femme supplanta les feulements d’insultes qui leur parvenaient depuis quelques instants. Calu bondit. En un éclair, il comprit la situation. Son grand corps fila vers l’attroupement, sa main chopa une lance délaissée et la projeta vers l’arzac en train d’étrangler son amie. Aiguillée par l’esprit du gaars, la pointe évita les bagarreurs et se ficha dans l’œil de l’agresseur. Elle ressortit par l’arrière du crâne, accompagnée d’une giclée blanche gélatineuse.

Une flèche d’arbalète transperça le cœur de la jeune femme, Calu se retourna.

 

Les poings restèrent en suspend, les lutteurs s’arrêtèrent net. Au-dehors, un carnassier hurla la fin du jour.

 

Lester réarma et visa Calu.

– T’es pas autorisé à tuer, lâcha-t-il.

Une seconde lance se cala brutalement dans la main du Herrien aux yeux noircis de haine. À cet instant, Aarlan sortit de la foule en poussant Kaïra du bout de sa pointe.

– On a besoin de toi, Calu. Calme-toi où tu porteras la responsabilité de la mort de celle-ci aussi.

De colère, le gaars planta son trait dans la roche.

– Je ne partirai pas sans elles, gronda-t-il.

– C’est pas toi qui décides, railla Lester.

– Ma vie m’appartient.

Et la lance ressortit du minéral, cibla son cœur…

– Attends ! cria Ecaria.

Elle bouscula les Arzacs qui lui barraient le passage, s’arrêta au milieu du triangle formé par les deux chefs et son amour et se tourna vers Lester.

– Laisse-moi lui parler, s’il te plait.

L’arbalète retomba le long de sa jambe.

– Fin des hostilités ! rugit-il. Le prochain qui fait un pet de travers aura affaire à moi !

Les guerriers rejoignirent leur couche ou se serrèrent autour des feux en commentant l’évènement.

Aarlan repoussa Kaïra et suivit Lester qui s’éloignait vers leur foyer.

– Eh, patron ! On peut manger la femme ?

Lester se retourna.

– Sors plutôt les morts pour qu’ils servent d’appâts. Ainsi, tu pourras griller de l’animal, crétin !

– Mais chef…

– Exécution immédiate ou je te ligote à un arbre, cracha-t-il en se détournant.

 

L’homme au regard mauvais se leva.