le tome deux

illustration du prologue du tome 2 de Gahila
feu de bois

Prologue

 

 

Au début du deuxième hiver 2794, Araya, entité immatérielle satisfaite, regarda son Promis entrer en territoire jaya. En ce soir glacial, au terme de deux longues saisons de fuite, il venait de passer la barrière invisible créée par Jénon et Malia à la fin du règne de Noliam, le mage devenu fou.

 

De l’autre côté de cette muraille, un feu de broussaille réchauffait Talid, Ako et Mila à la fois inquiets et rassurés par les récents évènements.

Araya savait qu’ils vivraient encore des aventures communes.

 

Dix jours de marche les séparaient de l’ennemi arzac qui occupait toujours Sadana. Et sous leurs bateaux, les Vados évacuaient lentement les enfants prisonniers des boules malmenées par le courant du fleuve.

La grotte-temple les accueillait depuis l’arrivée fracassante des Arzacs.

 

Sur les ruines d’Alahassy, cinq cents soldats abattaient des arbres pour construire des abris. Aarlan, leur chef, avait décidé de passer l’hiver sur place.

 

Au fin fond du marais, cinq femmes vados grelottaient dans une barque et, sous elles, évoluait un banc de Zorous épuisé. Les compagnons de Laï.

Les rescapés de Dalia et de Laïde s’entassaient sur les nayas proches de leurs cités.

Entre les racines des ols, de petits feux trouèrent les nuits et les jours gelés que leur imposait l’impitoyable Zaïa.

 

Assis dans son fauteuil de bois aux accoudoirs patinés par le temps, Azar écoutait le silence des ténèbres.

Araya savait qu’il pleurait sur le sort de son peuple, il les voyait comme elle le voyait, lui, à travers les yeux d’Esiane. Elle veillait sur ce mage depuis la naissance d’Auro.

 

En quelques instants, l’entité passa du marais aux terres namries. À Komba plus exactement.

Dans la grotte, le quotidien suivait son cours. Akiri et Laelle étaient sur le point d’accoucher et l’angoisse animait les résidents. Allaient-elles mourir ?

 

 

Araya sentait sa rivale attentive à Talah, son Promis. Elle quitta le peuple d’Amma, s’approcha du territoire arzac et l’observa à sa façon. Un Herrien l’instruisait pour garantir la vie de ses amis séquestrés au sous-sol. Araya comprenait ses sentiments, elle savait que Sylvio ne pêcherait pas par excès de zèle. Pourtant, cette petite fille se montrait douée, sensible à la sincérité aussi. Sylvio jouait subtil et elle l’en remercia.

Puis, elle revint sur Ayrial, son protégé, et sur les habitants des terres tagas , car, désormais, le temps d’une enfance, elle porterait ses attentions sur les évènements qui se dérouleraient de ce côté-ci de Gahila.

 

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